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Journée Internationale des Musées

 



Bonjour à tous,
Je souhaite une très bonne Journée Internationale des Musées 2025 à tous les gestionnaires, les muséologues, les conservateurs, les médiateurs, à tout le corps professionnel qui travaille dans les musées ainsi qu'à toute personne qui, d'une manière ou d'une autre, contribue au fonctionnement des musées.

  • QU’EST-CE QUE LA JIM ?

La Journée Internationale des Musées, célébrée chaque 18 mai à l’initiative de l’ICOM, est l’occasion de réfléchir aux rôles et aux missions des musées dans nos sociétés. Le thème de cette année, « L’avenir des musées au sein des communautés en constante évolution », invite particulièrement à interroger et à réfléchir à la place des institutions muséales dans un monde en pleine mutation et où l'implication de la communauté locale se fait de plus en plus ressentir.

  • ÉTAT DES LIEUX AU BÉNIN

Au Bénin, la restitution des 27 trésors royaux d’Abomey par la France et la Finlande 2021 et 2025 a marqué un tournant historique, suscitant une prise de conscience renouvelée autour de la valeur du patrimoine culturel.

Cette dynamique s’est traduite par des projets ambitieux : la création du Musée des rois et Amazones du Danxomè, la rénovation de l'espace palatial d’Abomey ou encore le projet de la création du musée international du Vodun, le projet de création du musée international de la mémoire et de l'esclavage.

Cependant, malgré ces efforts louables, de nombreux problèmes subsistent. On peut en citer quelques-uns :

1- La faible intégration des communautés
locales dans la programmation et la gouvernance des
musées ;

2- L'insuffisance de médiation culturelle participative ;

3- Le manque de ressources humaines formées à
l’administration muséale ;
4- Les structures muséales souvent déconnectées des
besoins contemporains des populations, notamment des
jeunes générations.

  • MAIS LE DÉFI SE SITUE OÙ EXACTEMENT ?

Disons que dans un contexte de mutation sociale, démographique, technologique et environnementale, les musées africains doivent repenser leur utilité. Cela dit....
Comment répondre aux attentes de sociétés jeunes, dynamiques, en quête d’identité et de reconnaissance ?

Comment devenir des lieux de dialogue, d’éducation, de création et de participation citoyenne ?

Comment s’adapter aux mutations technologiques et numériques ?

Tant de questions auxquelles il est nécessaire de trouver des réponses pour une meilleure muséologie béninoise.
En tant que gestionnaire du patrimoine culturel, je me dois d'opiner sur le sujet et d'y apporter mes modestes réflexions.

  • QUELQUES PISTES DE SOLUTIONS

  1. Co-construction des contenus : impliquer les communautés dans la définition des expositions, valoriser les savoirs locaux et les récits pluriels.
  2. Formation continue des professionnels : renforcer les capacités en administration culturelle, médiation, conservation et communication.
  3. Création d'espaces hybrides dans les musées : lieux de débats, d’ateliers créatifs, de résidences artistiques ou de médiation numérique.
  4. Mise en réseau des musées africains : développer des partenariats Sud-Sud et internationaux pour mutualiser les expériences, les outils et les innovations.
  5. Accessibilité et inclusion : adapter les musées aux publics en situation de handicap, aux enfants, aux populations rurales.


En conclusion, les musées ne peuvent plus se contenter d’être des temples de conservation. Ils doivent devenir des acteurs sociaux à part entière. Au Bénin et en Afrique, le renouveau muséal est en marche, mais il nécessite une vision stratégique et inclusive pour que ces institutions deviennent de véritables carrefours culturels et citoyens, au service du développement durable des communautés.


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